Tapa et Siapo
L'article "Artisanat", datant du 31 mai 2006 est un des plus lus.. Il est donc temps de le compléter un peu et particulièrement de préciser la fabrication du Tapa et du Siapo.
La fabrication d'étoffes non tissées à partir de l'écorce de certains arbustes est une tradition qui remonte aux temps anciens. A Wallis et Futuna, cet artisanat féminin s'est maintenu sans défaillance, et se distingue par son authenticité et sa qualité.
Le murier à papier (lafi) fournit la matière première. Après avoir coupé les tiges, la sous-écorce (lautulu) est prélévée. Mise à tremper quelques heures pour l'assouplir, les femmes disposent les bandes les unes sur les autres sur le tutua, long tronc qui sert d'enclume, et elles martèlent en cadence avec le ike (maillet allongé et rainuré). La bande triple alors sa largeur.

Pour la décoration, les femmes utilisent des encres fabriquées à partir de colorants naturels. Le noir (tuitui) est fourni par la noix de bancoulier dont les amandes sont calcinées pour obtenir la suie. Le marron (koka) vient de l'écorce d'un arbre après macération dans de l'eau. Un rouge brun (lo'a) est tiré du fruit du rocouyer. A Wallis, les écorces de palétuvier fournissent les bruns.
Décorer le tapa est un travail minutieux. Maman et Michèle l'ont appris avec Micki.
Non amidonné, formant de longs panneaux atteignant cinquante mètres de long sur trois de large, le siapo est typiquement futunien. 
Philippe, qui vient de passer une semaine à Futuna pour son boulot, nous a rapporté un siapo, composé de 5 numéros. Les plus grands font 100 numéros....