Ambiance

Publié le par Mum des îles

Wallis attend son nouveau Lavelua dans l’incertitude
La mort du lavelua de Wallis, début mai, a plongé la petite île dans un climat délétère. Un deuil coutumier de six mois a été décrété par le palais pour faire taire les prétentions à la succession. L’avenir a du mal à se dessiner.
 « C’est étrangement calme, mais l’ambiance est lourde. Chacun se demande comment les choses vont se passer », s’interroge, sous couvert d’anonymat, un habitant d’origine métropolitaine.
Après un règne de près de cinquante ans, Tomasi Kulimoetoke est décédé le 7 mai, à l’âge de 88 ans, dans son palais, solide bâtisse située à Mata’Utu.
Wallis et Futuna sont régies par une organisation coutumière et monarchique qui repose sur trois rois, un à Wallis et deux à Futuna.
La France, elle, représentée par une Administration supérieure, gère la collectivité en concertation avec les rois et leurs ministres, qui perçoivent des indemnités. Dans cet archipel isolé du monde, coutume et religion catholique rythment l’existence.
 
Un tournant historique après un conflit dur
 La mort de Tomasi Kulimoetoke, intronisé le 12 mars 1959, constitue un tournant historique à Wallis, tandis qu’à Futuna les rois changent tous les trois à cinq ans.
Personnage très respecté, fidèlement attaché à la République, Tomasi Kulimoetoke, affaibli par l’âge et la maladie, avait, depuis une dizaine d’années, délégué ses pouvoirs à sa famille, notamment à sa fille, Etua.
Sous l’influence de celle-ci, un conflit dur a opposé la grande chefferie (le roi et ses ministres) à l’Administration supérieure en 2005. Le fils d’Etua, condamné à dix-huit mois de prison pour homicide involontaire, avait reçu la protection du palais, qui entendait faire prévaloir les règles coutumières sur le droit pénal français. La grande chefferie avait même demandé l’expulsion du préfet de l’époque et de deux magistrats.
Opposées à cette attitude, des familles nobles du nord de l’île, soutenues par le préfet, avaient destitué le vieux monarque et programmé l’intronisation d’un remplaçant « plus moderniste ».
Le projet avait entraîné, en septembre 2005, une démonstration de force des partisans du roi, qui avaient paralysé l’île avec des barrages tenus par des hommes solidement armés.
Inquiet de la tournure des événements, l’Etat avait finalement réaffirmé « sa reconnaissance » de Tomasi Kulimoetoke. Depuis, les tensions se sont apaisées mais la succession du lavelua pourrait les raviver.
 
Six mois pour réfléchir à la successsion
 Pour faire taire les ambitions, le palais a imposé un deuil coutumier de six mois, durant lequel animations, danses ou rassemblements sont interdits. Les palabres en vue de la désignation d’un nouveau souverain pourraient aussi être ajournées.
Sur place, mais également en Nouvelle-Calédonie, où vivent quelque 25 000 Wallisiens et Futuniens, la succession de Tomasi Kulimoetoke soulève l’inquiétude. « Tous les scénarios semblent possibles, soit ça dérape complètement, soit la discussion débouche sur un consensus », confie, perplexe, un représentant de la communauté wallisienne à Nouméa.
 
Le bateau a fait demi-tour
Le 15 mai, alors que le deuil officiel d’une semaine n’était pas terminé, la grande chefferie s’était opposée au déchargement du cargo qui passe toutes les trois semaines, pour qu’aucun camion ne circule devant le palais.
Résultat : vivres, gaz et médicaments sont repartis à bord du navire, tandis que la décision a suscité la controverse au sein de la population. RFO, seul média de l’archipel, a annulé le tournage d’une émission musicale.
Les Nouvelles Calédoniennes. Jeudi 24 mai 2007
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Publié dans wallislife

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